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Formation Loi Alur : disponible dès maintenant. Voir la formation
19 min de lecture

Formation Loi Alur : guide complet 2026

14 h par an ou 42 h sur 3 ans : qui est concerné, modules, facteurs de prix, financement, choix de l'organisme, renouvellement de carte. Guide 2026.

Deux professionnels examinant ensemble un dossier de formation continue sur une table de bureau

Introduction

Valider ses 42 heures de formation Loi Alur se finance, selon le statut et sous réserve de l'accord du financeur, via le fonds d'assurance formation des indépendants (AGEFICE ou FIF PL) ou via l'OPCO EP pour les salariés, et se planifie sur une seule échéance : le renouvellement triennal de la carte professionnelle auprès de la CCI. Ce guide est le mode d'emploi pratique de l'obligation : formats, financement et critères de choix d'un organisme.

Le volume est fixé par le décret n° 2016-173 du 18 février 2016 : 14 heures par an ou 42 heures sur trois années consécutives, à suivre auprès d'un organisme de formation déclaré. La certification Qualiopi de l'organisme conditionne la prise en charge par un financeur, pas la validité des heures. L'obligation concerne le titulaire de carte T comme le mandataire indépendant rattaché à un réseau, le négociateur salarié, le gestionnaire locatif (carte G) et le syndic (carte S).

La dimension strictement juridique, texte du décret, professionnels concernés, sanctions encourues et cas particuliers, est traitée dans notre guide de la formation Loi Alur obligatoire. Ici, place au concret : ce qui fait varier le prix, comment monter son dossier de financement, et comment trier les organismes, en lien avec notre article sur le choix d'un organisme de formation Loi Alur.

Pour aller plus loin :

Rédigé par Sébastien Réau, fondateur d'Elevimmo et spécialiste de la formation des professionnels de l'immobilier. Mis à jour le 8 octobre 2026.

1. Qu'est-ce que la formation Loi Alur

La formation Loi Alur désigne la formation continue obligatoire pour les professionnels de l'immobilier titulaires d'une carte professionnelle, qu'elle soit délivrée pour la mention T (transaction), G (gestion) ou S (syndic). Elle a été introduite par la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, connue sous le nom de loi Alur. Le décret n° 2016-173 du 18 février 2016 précise la durée et le contenu de cette obligation.

L'objectif législatif est la professionnalisation du secteur et la protection du consommateur. Avant 2016, un agent immobilier pouvait exercer pendant des années sans obligation d'actualiser ses connaissances juridiques, fiscales ou techniques. La loi Alur a mis fin à cette situation en conditionnant le renouvellement de la carte professionnelle à la justification d'une formation continue.

La formation porte sur les domaines juridiques, économiques, commerciaux, la déontologie et les techniques immobilières. Depuis le 1er janvier 2021 (décret n° 2020-1259 du 14 octobre 2020), elle inclut obligatoirement, sur trois années consécutives d'exercice, au moins deux heures sur la non-discrimination dans l'accès au logement.

2. Qui est concerné par la formation Loi Alur

L'obligation de formation concerne trois catégories de personnes, visées par l'article 3-1 de la loi Hoguet et précisées à l'article 1er du décret n° 2016-173 : les titulaires de la carte professionnelle (ou, pour une société, son représentant légal et statutaire), les directeurs d'établissement, de succursale, d'agence ou de bureau, et les collaborateurs, salariés ou non, habilités par le titulaire à négocier, s'entremettre ou s'engager pour son compte.

Les titulaires de la carte professionnelle entrent dans le champ en premier lieu. Il s'agit du dirigeant ou représentant légal d'une agence immobilière qui détient la carte T pour les transactions immobilières, la carte G pour la gestion locative, ou la carte S pour le syndic de copropriété. Ces personnes doivent suivre 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans consécutifs d'exercice.

Les collaborateurs salariés de l'agence sont concernés dans les mêmes termes. Tout salarié amené à négocier, s'entremettre ou s'engager dans une transaction immobilière doit justifier du même volume de formation. Son attestation est transmise à son employeur qui la conserve en cas de contrôle.

Les agents commerciaux indépendants et mandataires immobiliers rattachés à un réseau sont également visés. Un mandataire SAFTI, iad, Capifrance ou Optimhome n'a pas de carte propre : il exerce avec une attestation de collaborateur et remet ses justificatifs de formation au titulaire de la carte dont il dépend, après chaque formation.

Le titulaire veille à ce que ses collaborateurs remplissent leur obligation, et la CCI ne vérifie que la formation continue du titulaire : le contrôle de celle de ses collaborateurs est à la charge de ce dernier. Cette obligation est individuelle même si le réseau couvre la responsabilité professionnelle.

Ne sont pas visées par cette obligation les personnes qui n'entrent dans aucune des catégories ci-dessus, ni les ressortissants européens qui exercent de façon temporaire et occasionnelle en France après une déclaration préalable (article 8-1 de la loi du 2 janvier 1970).

3. Que dit le décret de 2016 sur la durée

Le décret n° 2016-173 du 18 février 2016 relatif à la formation continue des professionnels de l'immobilier fixe la durée minimale à 14 heures par année d'exercice, ou 42 heures au cours de trois années consécutives. Cette souplesse permet d'étaler la formation selon l'activité de l'agence, du mandataire ou du syndic.

Le volume horaire peut être réparti selon deux stratégies. La première consiste à suivre 14 heures chaque année en continu. La seconde permet de concentrer les 42 heures sur une ou deux années, par exemple si l'agent reprend du temps disponible en basse saison.

Le point de référence reste le renouvellement de la carte professionnelle, qui intervient tous les trois ans. Au moment de déposer la demande de renouvellement à la CCI, le titulaire doit justifier de sa formation continue sur trois années consécutives d'exercice (décret n° 2016-173, article 2) : en pratique, les trois années de validité de la carte à renouveler. Pour un collaborateur, l'obligation s'apprécie sur ses propres années d'exercice.

Deux heures consacrées à la déontologie étaient imposées dès le décret 2016-173 d'origine. Le décret n° 2020-1259 du 14 octobre 2020 a ajouté l'obligation de deux heures supplémentaires de formation sur la non-discrimination à l'accès au logement, entrée en vigueur au 1er janvier 2021. Ces deux thèmes sont désormais incontournables dans un dossier de renouvellement : sans eux, l'obligation n'est pas remplie et la carte ne peut pas être renouvelée (article 3-1 de la loi du 2 janvier 1970).

4. Quels sont les modules obligatoires dans la formation Loi Alur ?

Le décret n° 2016-173 impose la présence de certains thèmes dans la formation suivie sur trois ans. Deux d'entre eux sont non négociables, et leur absence empêche le renouvellement de la carte.

Le module déontologie représente deux heures minimum sur les trois ans. Il couvre les obligations du Code de déontologie des professionnels de l'immobilier, les règles de loyauté dans la négociation, le devoir de conseil et les bonnes pratiques dans la gestion des mandats.

Le module non-discrimination représente deux heures minimum sur les trois années consécutives d'exercice ; il a été ajouté par le décret n° 2020-1259 du 14 octobre 2020, effectif depuis le 1er janvier 2021. Il traite de l'accès au logement sans distinction fondée sur l'origine, la situation familiale, l'orientation sexuelle, le handicap ou toute autre discrimination prohibée par le Code pénal.

Le volume restant, soit 38 heures sur trois ans, couvre les domaines juridiques (droit de la copropriété, loi Elan, droit du bail), économiques (fiscalité immobilière, diagnostics techniques), commerciaux (techniques de prospection, négociation, mandat exclusif) et techniques (DPE 2026, RE 2020, copropriété en difficulté).

Le quatrième élément concerne les formations spécialisées. Un professionnel exerçant en gestion locative peut orienter une partie de ses heures vers les spécificités du bail d'habitation, tandis qu'un syndic privilégiera les contentieux de copropriété. Cette souplesse reste encadrée par l'exigence que les modules suivis soient en lien direct avec l'exercice professionnel.

5. Quels organismes peuvent délivrer la formation Loi Alur

Pour que vos heures soient validées au titre de la formation continue, la formation doit être suivie auprès d'un organisme de formation enregistré, ou ayant déposé une déclaration d'activité, auprès de la DREETS (article 4 du décret n° 2016-173 du 18 février 2016 et articles L6351-1 A à L6351-8 du Code du travail).

La certification Qualiopi ne conditionne pas la validité des heures aux yeux de la CCI : elle conditionne la prise en charge par un financeur. Elle est exigée depuis le 1er janvier 2022 des organismes financés par un opérateur de compétences comme l'OPCO EP (article L6316-1 du Code du travail), et l'AGEFICE la demande aussi dans ses critères de prise en charge.

Qualiopi est une certification qualité, délivrée après audit par un organisme certificateur accrédité, sur la base d'un référentiel national de sept critères (article R6316-1 du Code du travail) : notamment l'information du public, l'adaptation aux publics, les moyens pédagogiques, la qualification des formateurs, l'inscription dans l'environnement professionnel et le recueil des appréciations.

Ce n'est pas un agrément de l'État. Pour un acheteur qui veut faire financer sa formation, la mention Qualiopi est un filtre indispensable ; pour la seule validité des heures auprès de la CCI, elle ne l'est pas.

Note Elevimmo : la formation Loi Alur 42h d'Elevimmo est ouverte. Déclaration d'activité d'Elevimmo : enregistrée sous le numéro 76341504234. Cet enregistrement ne vaut pas agrément de l'État.

Les heures suivies sont validantes au titre de la formation continue (article 4 du décret n° 2016-173), sous réserve que le programme de chaque module relève des domaines de l'article 3 du décret et ait un lien direct avec votre activité.

Elevimmo est certifié Qualiopi au titre des actions de formation, certification que l'article L6316-1 du Code du travail exige pour une prise en charge par l'OPCO EP et que demandent aussi les critères de l'AGEFICE. Toute prise en charge reste soumise à l'accord du financeur ; la formation peut aussi être financée directement par le stagiaire ou son entreprise, sans financeur tiers.

Les organismes présents sur le marché français de la formation Loi Alur se répartissent entre trois familles. La première regroupe les écoles et institutions historiques, qui proposent des formations présentielles ou hybrides.

La deuxième famille réunit les organismes spécialisés 100 % en ligne, aux positionnements variés : des offres autonomes sans accompagnement aux formules avec tutorat individuel. Les tarifs varient selon l'accompagnement, les supports et le format.

La troisième famille rassemble les formateurs indépendants ou micro-organismes, plus chers en individuel mais parfois plus souples. Ils correspondent à des besoins spécifiques comme la préparation d'une VAE ou un accompagnement personnalisé.

6. De quoi dépend le prix d'une formation Loi Alur 42h en 2026 ?

Les tarifs publics d'une formation de 42 heures varient fortement selon le format (e-learning, visio, présentiel) et les services inclus. Comparez à durée et contenu équivalents, et vérifiez l'enregistrement de l'organisme et le contenu de l'attestation avant de payer.

Les écarts de prix reflètent plusieurs critères objectifs. L'accompagnement pédagogique varie d'un simple accès à la plateforme à un tutorat individuel. La qualité des supports peut aller de PDF téléchargeables à des vidéos produites en studio avec quiz interactifs. La délivrance de l'attestation est parfois immédiate, parfois différée de quelques jours. La durée d'accès à la plateforme est souvent limitée à trois mois renouvelables.

Le prix ne doit pas être le seul critère. Une attestation qui ne comporte pas les mentions de l'article 5 du décret n° 2016-173 peut compromettre votre dossier de renouvellement, quel que soit son prix. Avant de comparer les prix, vérifiez l'enregistrement de l'organisme (numéro de déclaration d'activité) et le contenu de l'attestation ; et, si vous demandez un financement, sa certification Qualiopi.

7. Qui finance la formation Loi Alur

La formation Loi Alur peut être financée par plusieurs canaux selon le statut professionnel, et cette dimension est souvent sous-exploitée par les indépendants qui avancent la totalité de leurs frais. Les trois principaux dispositifs à connaître sont l'Agefice ou le FIF PL pour les indépendants, l'OPCO EP pour les salariés, et le financement personnel avec déductibilité fiscale.

L'AGEFICE (Association de gestion du financement de la formation des chefs d'entreprise) est le fonds d'assurance formation des dirigeants non salariés du commerce, de l'industrie et des services : par exemple gérant majoritaire de SARL, associé unique d'EURL, entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur de ces secteurs. Les dirigeants assimilés salariés (président de SAS ou de SASU, gérant minoritaire de SARL) n'en relèvent en principe pas, leur régime étant celui des salariés, et les professions libérales relèvent du FIF PL.

Le fonds qui vous concerne se lit sur votre attestation de versement de la contribution à la formation professionnelle, délivrée par l'URSSAF : vérifiez-la avant toute démarche.

En 2026, l'AGEFICE peut rembourser, sous réserve de son accord :

  • jusqu'à 3 000 € par an et par dirigeant si la contribution versée atteint 7 € (600 € en dessous, tant qu'elle est supérieure à zéro) ;
  • dans la limite de 42 € par heure en présentiel, 35 € en classe virtuelle et 20 € en e-learning asynchrone.

La demande se dépose avant le début de la formation, selon la procédure décrite sur le site de l'AGEFICE. L'organisme doit disposer d'un numéro de déclaration d'activité et être certifié Qualiopi. Barème 2026 à vérifier sur les plafonds financiers 2026 de l'AGEFICE avant de déposer votre demande.

L'OPCO EP (Opérateur de compétences des entreprises de proximité) est l'opérateur de la branche de l'immobilier (convention collective nationale de l'immobilier, IDCC 1527). Il peut prendre en charge, selon les critères de la branche et dans la limite des fonds disponibles, les formations des salariés des agences et cabinets qui relèvent de son champ. Les collaborateurs sans contrat de travail, comme les mandataires indépendants, ne sont pas éligibles.

La demande est déposée par l'employeur avant le début de la formation. Depuis le 1er octobre 2026, selon le financement mobilisé, la subrogation de paiement ne s'applique plus systématiquement : l'entreprise règle alors la facture TTC à l'organisme de formation, puis l'OPCO EP lui rembourse les frais de formation HT, dans la limite de la prise en charge accordée (réforme de la TVA, OPCO EP). OPCO EP maintient la subrogation pour certains dossiers, notamment les actions individuelles financées à 100 % dans le plan de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés. La modalité applicable figure dans l'accord de financement. Les demandes validées jusqu'au 30 septembre 2026 conservent l'ancien régime. Cette voie suppose une démarche active du chef d'entreprise.

Le financement personnel reste possible. Si vous êtes imposé au régime réel (déclaration contrôlée en BNC, régime réel en BIC), les frais de formation liés à votre activité sont déductibles de votre bénéfice imposable ; ce n'est pas le cas au régime micro, dont l'abattement forfaitaire est censé couvrir vos charges.

À titre d'illustration, au régime réel et pour une tranche marginale d'imposition de 30 %, une formation à 500 € coûte environ 350 € après économie d'impôt (environ 295 € à 41 %), hors effet sur les cotisations sociales. Conservez la facture de l'organisme et l'attestation de formation, et rapprochez-vous de votre expert-comptable pour votre situation.

8. Comment choisir son organisme de formation Loi Alur

Le choix d'un organisme ne se fait pas au prix, mais à la preuve. Quatre filtres limitent les mauvaises surprises : la certification Qualiopi vérifiable par son numéro (exigée par les financeurs comme l'OPCO EP, sans effet sur la validité des heures), l'enregistrement de l'organisme (numéro de déclaration d'activité), un format pédagogique adapté à votre emploi du temps, et une attestation nominative conforme à l'article 5 du décret 2016-173.

Attention à un piège répandu : l'agrément Loi Alur n'existe pas. Aucun organisme n'est "agréé" par l'État. Pour la méthode complète, les sept preuves à exiger avant de payer et les signaux d'alerte d'un organisme à éviter, consultez notre guide dédié : comment choisir son organisme de formation Loi Alur.

9. Formation Loi Alur en ligne ou en présentiel : quelle différence ?

Le choix entre 100% en ligne et présentiel dépend de la disponibilité, du budget et du style d'apprentissage. Chaque format a ses atouts et ses limites, et aucun n'est meilleur que l'autre en absolu.

Le format 100% e-learning est aujourd'hui très répandu. Ses avantages sont la flexibilité totale (accès 24 heures sur 24, rythme personnel), un prix en général inférieur à celui du présentiel, et la possibilité de suivre depuis n'importe quel lieu. Les limites sont l'isolement pédagogique (pas d'échange direct avec un formateur), un risque de procrastination si l'auto-discipline n'est pas au rendez-vous, et l'absence de mise en situation pratique réelle.

Pour le détail du format 100% en ligne, voir notre article sur la formation Loi Alur en ligne.

Le format présentiel reste privilégié par les professionnels qui valorisent le réseau et l'échange. Les sessions sont organisées en salle de classe, généralement sur plusieurs jours consécutifs, avec un formateur présent.

L'avantage est la qualité des échanges, la possibilité de poser des questions en direct et la dynamique de groupe qui accélère l'apprentissage. Les limites sont le coût (en général plus élevé que le e-learning), les frais de déplacement pour les agents en région, et la contrainte d'agenda sur des journées complètes.

Le format hybride ou blended learning combine l'e-learning asynchrone pour les modules théoriques et des classes virtuelles synchrones pour les études de cas. Il se démocratise depuis 2023 et offre un bon compromis entre flexibilité et interaction.

10. Que se passe-t-il sans formation Loi Alur

L'absence de formation Loi Alur dans les trois années précédant le renouvellement de la carte professionnelle entraîne trois conséquences graduées qu'il faut anticiper.

La première conséquence est le blocage du renouvellement : l'article 3-1 de la loi du 2 janvier 1970 prévoit que la carte professionnelle ne peut pas être renouvelée si l'obligation de formation continue n'est pas respectée. La CCI notifie les pièces manquantes dans les quinze jours de la réception de la demande, et la demande devient caduque si le dossier n'est pas complété dans les deux mois de cette notification (article 5 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972).

La carte, valable trois ans, arrive alors à expiration. Or exercer de manière habituelle ces activités sans être titulaire de la carte est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende (article 14 de la loi du 2 janvier 1970).

La deuxième conséquence est pratique : sans carte à jour, le titulaire ne peut plus exercer ces activités à titre habituel. Selon la CCI Paris Île-de-France, une demande déposée après l'expiration de la carte a une incidence sur la date de début de validité de la carte renouvelée. Au-delà d'un an après l'expiration, il faut redemander une carte initiale (160 € au tarif CCI Webstore).

La troisième conséquence concerne les opérations en cours. La CCI Paris Île-de-France avertit que le professionnel qui exerce sans carte valide risque de perdre son droit à commission ou à honoraires. Le sort d'une commission au regard de la date d'expiration de la carte dépend des circonstances : en cas de litige, faites-vous conseiller par un avocat.

Anticiper le renouvellement est donc essentiel. Les professionnels sérieux planifient leur formation dès la deuxième année du cycle triennal, ce qui laisse le temps de finaliser en cas d'imprévu. Attendre le dernier trimestre avant expiration augmente le risque de retard administratif.

11. Comment renouveler sa carte T avec la formation Loi Alur ?

Le renouvellement de la carte T, la plus fréquente puisqu'elle concerne les activités de transaction immobilière, suit une procédure précise encadrée par la CCI compétente géographiquement. Pour l'obtention initiale, voir notre article sur la carte T : obtention et renouvellement.

La demande de renouvellement est présentée deux mois avant la date d'expiration de la carte (article 80 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972). Renseignez-vous auprès de votre CCI sur ses modalités pratiques de dépôt et ses délais d'instruction.

Le dossier comprend :

  • la demande (formulaire Cerfa) ;
  • les attestations de formation continue ;
  • la justification de la responsabilité civile professionnelle ;
  • l'attestation de garantie financière (sauf déclaration sur l'honneur de non-détention de fonds) ;
  • un extrait Kbis pour les personnes morales.

Les frais de renouvellement sont de 130 € selon le tarif officiel CCI Webstore en 2026 ; vérifiez le montant auprès de votre CCI.

Si le dossier est incomplet, la CCI notifie les pièces manquantes dans les quinze jours de la réception, et le demandeur dispose de deux mois pour les fournir, faute de quoi la demande est caduque (article 5 du décret n° 72-678). Quel que soit le délai, l'attestation de formation Loi Alur conforme reste non négociable.

Si le siège du demandeur (ou son principal établissement, pour une personne physique) change de ressort, la demande est présentée à la CCI dont dépend ce nouveau lieu (article 5 du décret n° 72-678). La formation Loi Alur suit l'agent, l'attestation n'est pas rattachée à une CCI en particulier.

12. Quelles sont les évolutions réglementaires de la formation Loi Alur en 2026 ?

L'année 2026 marque plusieurs évolutions réglementaires qui impactent directement les obligations de formation. La veille juridique fait partie du travail de l'agent sérieux, et plusieurs chantiers législatifs sont à surveiller dans les prochains mois.

Le décret sur la formation initiale des collaborateurs d'agents immobiliers est attendu suite à la décision du Conseil d'État n° 492640 du 25 février 2025. Saisie par la FNAIM, la haute juridiction a enjoint au Premier ministre de publier sous six mois le décret prévu par la loi Alur du 24 mars 2014 et resté inappliqué depuis dix ans.

Les organisations professionnelles ont exprimé des positions, par exemple celle de la FNAIM en février 2025 (un cursus de 42 heures ou une expérience professionnelle de 18 mois), mais aucune modalité n'est acquise.

À la date de cette mise à jour (5 octobre 2026), nous n'avons pas trouvé ce décret au Journal officiel, et son contenu n'est pas arrêté. Cette réforme concerne les nouveaux collaborateurs habilités après l'entrée en vigueur du texte. Les collaborateurs déjà en poste bénéficient d'une clause grand-père et sont considérés comme remplissant les conditions requises, conformément à l'article 4 de la loi du 2 janvier 1970. Pour les titulaires de carte professionnelle et pour les collaborateurs déjà habilités, l'obligation de formation continue de 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans reste en vigueur.

Le DPE 2026 reste un sujet brûlant. Depuis le 1er janvier 2025, en France métropolitaine, les logements classés G sont considérés comme non décents (article 6 de la loi du 6 juillet 1989) : le bailleur ne peut plus les proposer à la location comme logements décents. À partir du 1er janvier 2028, ce sera le cas des logements classés F, et à partir du 1er janvier 2034 de ceux classés E.

Un agent immobilier doit connaître ces dates pour conseiller correctement un vendeur ou un acquéreur. Les modules DPE dans les formations Loi Alur sont donc utiles en 2026.

La loi Climat et résilience introduit également des obligations de transparence sur la consommation énergétique dans les annonces immobilières, avec des sanctions pour les annonces qui masqueraient un DPE défavorable. Les formations récentes intègrent ces modules dès la première heure.

Cette section a été vérifiée le 5 octobre 2026 sur la base de la décision du Conseil d'État n° 492640 du 25 février 2025 et des textes publiés au Journal officiel. Pour les informations les plus récentes, consulter Légifrance.

13. Comment choisir une formation Loi Alur à forte valeur ajoutée ?

Au-delà du respect strict de l'obligation réglementaire, une formation Loi Alur bien conçue repose sur trois principes qui distinguent les parcours utiles des simples cases à cocher.

Le premier principe est l'ancrage terrain des contenus. Les modules les plus efficaces sont ceux conçus avec des professionnels qui exercent ou ont exercé en agence, en réseau de mandataires ou en promotion immobilière.

L'expérience réelle du marché remplace les cas d'école génériques par des situations que l'agent rencontrera dans sa semaine de travail : objection sur une offre basse, réclamation d'un propriétaire sur la gestion d'un mandat, négociation d'un délai avec un acquéreur. Cette pédagogie ancrée fait la différence entre des heures subies et des heures qui transforment la pratique.

Le deuxième principe est l'intégration des outils numériques 2026 dans le parcours. Une formation qui ignore l'IA ou l'estimation sourcée DVF forme un professionnel qui sera en retard dans six mois. Les modules progressistes incluent désormais l'usage raisonné de ChatGPT pour la rédaction d'annonces, les outils d'estimation basés sur les données de valeurs foncières publiques, et les scripts de prospection numérique adaptés aux nouvelles règles RGPD.

Le troisième principe est l'accompagnement post-formation. Le secteur immobilier connaît en 2026 plusieurs évolutions réglementaires majeures (décret formation initiale attendu, loi Climat, évolutions DPE). Une formation qui s'arrête à la délivrance de l'attestation laisse l'agent démuni face aux décrets publiés après la session. Les organismes sérieux proposent désormais une newsletter mensuelle, un accès à une communauté de professionnels, ou un webinaire trimestriel de mise à jour.

Ces trois principes ne modifient pas le cadre réglementaire de la formation Loi Alur. Ils distinguent cependant les parcours qui peuvent faire progresser la qualité de service et la pratique, des parcours qui se limitent à une validation administrative sans impact sur la pratique quotidienne.

Sur quels critères choisir sa formation Loi Alur plutôt que sur le prix ?

La formation Loi Alur est un passage obligé pour tout professionnel de l'immobilier titulaire d'une carte T, G ou S. Au-delà de l'obligation administrative, elle représente une opportunité de se professionnaliser, de mettre à jour ses connaissances juridiques et commerciales, et de maintenir son avantage concurrentiel face à des clients toujours plus informés.

Le choix de l'organisme repose sur des preuves : enregistrement de l'organisme, conformité de l'attestation, certification Qualiopi si vous demandez un financement, et format pédagogique adapté à son mode de vie professionnel. Un professionnel qui consacre 42 heures bien utilisées à sa formation peut en tirer un bénéfice concret en qualité de service et dans sa pratique.

Sources officielles consultées

Questions fréquentes

La formation Loi Alur est-elle vraiment obligatoire ?
Oui, elle l'est depuis le 1er avril 2016 pour les titulaires d'une carte T, G ou S, leurs représentants légaux, les directeurs d'établissement et les collaborateurs habilités. Sans la formation requise, la carte ne peut pas être renouvelée (article 3-1 de la loi du 2 janvier 1970) et il n'est plus possible d'exercer ces activités à titre habituel sans carte valide.
Combien d'heures faut-il suivre chaque année ?
La règle légale est 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans consécutifs. Le professionnel a le choix entre un rythme régulier ou une concentration sur une ou deux années.
De quoi dépend le prix d'une formation Loi Alur de 42 heures ?
Les tarifs publics varient fortement selon le format (e-learning, visio, présentiel) et les services inclus. Comparez à durée et contenu équivalents, et vérifiez l'enregistrement de l'organisme et le contenu de l'attestation avant de payer.
Un mandataire indépendant doit-il suivre la formation comme un agent salarié ?
Oui, l'obligation est individuelle : elle s'applique à chaque professionnel, titulaire de la carte ou collaborateur habilité par le titulaire, salarié ou non, quelle que soit la forme juridique de son exercice. Un mandataire SAFTI ou iad n'a pas de carte propre : il remet ses justificatifs de formation au titulaire de la carte dont il dépend, après chaque formation, et c'est ce titulaire qui veille à ce que ses collaborateurs remplissent leur obligation.
Peut-on rattraper des heures manquées des années précédentes ?
Oui, dans la limite des trois années du cycle triennal. Si un agent n'a suivi que 20 heures sur ses deux premières années, il peut rattraper 22 heures sur la troisième année pour atteindre les 42 heures requises avant le renouvellement.
Que faire si l'organisme de formation fait faillite entre temps ?
La conservation de toutes les pièces reste indispensable : facture acquittée, attestation détaillée, programme pédagogique du module suivi, numéro de déclaration d'activité de l'organisme au moment de la formation (et, si vous demandez un financement, son certificat Qualiopi). Si l'organisme fait faillite après la délivrance de l'attestation, celle-ci reste en principe valable. En revanche, si la faillite intervient avant la délivrance de l'attestation, ou si l'organisme n'était ni enregistré ni n'avait déposé une déclaration d'activité au moment de la formation (article 4 du décret n° 2016-173), les heures peuvent ne pas être validées. L'absence de certification Qualiopi ne remet pas en cause la validité des heures : elle ne joue que pour le financement. Le réflexe est de contacter directement sa CCI dès connaissance de la difficulté.