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15 min de lecture

Loi Alur 42h en 2026 : guide carte T et financement AGEFICE

Formation Loi Alur 2026 : 14h par an ou 42h sur 3 ans, modules, tarifs, financement AGEFICE et OPCO EP. Guide complet pour agents immobiliers.

Introduction

La loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, dite loi Alur, a changé la profession d'agent immobilier en avril 2014. Son décret d'application de février 2016 a rendu obligatoire une formation continue pour tous les détenteurs de la carte professionnelle. Depuis, chaque renouvellement triennal passe par la justification de 42 heures de formation auprès d'un organisme déclaré et certifié Qualiopi. Cette obligation concerne aussi bien l'agent immobilier titulaire d'agence que le mandataire indépendant rattaché à un réseau, le syndic de copropriété et l'administrateur de biens.

Pour le professionnel en activité, la formation Loi Alur n'est pas une simple formalité. Elle conditionne la capacité à exercer légalement, et son absence peut conduire à une radiation du fichier des professionnels de l'immobilier détenu par la chambre de commerce et d'industrie. Le non-respect de cette obligation expose par ailleurs à des sanctions pénales prévues par le code de commerce.

Ce guide complet fait le point sur les obligations précises, les modalités de suivi, les prix du marché et les critères pour choisir un organisme de formation en 2026.

1. Qu'est-ce que la formation Loi Alur

La formation Loi Alur désigne la formation continue obligatoire pour les professionnels de l'immobilier titulaires d'une carte professionnelle, qu'elle soit délivrée pour la mention T (transaction), G (gestion) ou S (syndic). Elle a été introduite par la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, connue sous le nom de loi Alur. Le décret n° 2016-173 du 18 février 2016 précise la durée et le contenu de cette obligation.

L'objectif législatif est la professionnalisation du secteur et la protection du consommateur. Avant 2016, un agent immobilier pouvait exercer trente ans sans jamais actualiser ses connaissances juridiques, fiscales ou techniques. La loi Alur a mis fin à cette situation en conditionnant le renouvellement de la carte professionnelle à la justification d'une formation continue.

La formation porte sur les domaines juridiques, économiques, commerciaux, la déontologie et les techniques immobilières. Depuis 2020, elle inclut obligatoirement deux heures de formation sur la non-discrimination dans l'accès au logement, en réponse à plusieurs études qui ont documenté des pratiques discriminatoires dans la location.

2. Qui est concerné par la formation Loi Alur

L'obligation de formation concerne trois catégories distinctes de professionnels, listées par l'article 3-1 de la loi Hoguet tel que modifié par la loi Alur.

Les titulaires de la carte professionnelle entrent dans le champ en premier lieu. Il s'agit du dirigeant ou représentant légal d'une agence immobilière qui détient la carte T pour les transactions immobilières, la carte G pour la gestion locative, ou la carte S pour le syndic de copropriété. Ces personnes doivent suivre 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans consécutifs d'exercice.

Les collaborateurs salariés de l'agence sont concernés dans les mêmes termes. Tout salarié amené à négocier, s'entremettre ou s'engager dans une transaction immobilière doit justifier du même volume de formation. Son attestation est transmise à son employeur qui la conserve en cas de contrôle.

Les agents commerciaux indépendants et mandataires immobiliers rattachés à un réseau sont également visés. Un mandataire SAFTI, iad, Capifrance ou Optimhome doit présenter son attestation de formation à son réseau qui la centralise pour la transmettre à la CCI lors du renouvellement de la carte collective. Cette obligation est individuelle même si le réseau couvre la responsabilité professionnelle.

Sont exclus du dispositif les professionnels qui interviennent ponctuellement sans détention de carte, ainsi que les stagiaires en période probatoire.

3. Que dit le décret de 2016 sur la durée

Le décret n° 2016-173 du 18 février 2016 relatif à la formation continue des professionnels de l'immobilier fixe la durée minimale à 14 heures par année d'exercice, ou 42 heures au cours de trois années consécutives. Cette souplesse permet d'étaler la formation selon l'activité de l'agence, du mandataire ou du syndic.

Le volume horaire peut être réparti selon deux stratégies. La première consiste à suivre 14 heures chaque année en continu. La seconde permet de concentrer les 42 heures sur une ou deux années, par exemple si l'agent reprend du temps disponible en basse saison. Le point de référence reste le renouvellement de la carte professionnelle, qui intervient tous les trois ans. Au moment de déposer la demande de renouvellement à la CCI, le professionnel doit justifier de 42 heures accumulées sur la période triennale précédant la demande.

Deux heures consacrées à la déontologie étaient imposées dès le décret 2016-173 d'origine. Le décret n° 2020-1259 du 14 octobre 2020 a ajouté l'obligation de deux heures supplémentaires de formation sur la non-discrimination à l'accès au logement, entrée en vigueur au 1er janvier 2021. Ces deux modules sont désormais incontournables dans un dossier de renouvellement, et leur absence entraîne un rejet automatique par la CCI.

4. Les quatre types de modules obligatoires

La loi Alur impose la présence de certains modules dans le programme de formation. Trois d'entre eux sont non négociables et leur absence conduit au rejet de la demande de renouvellement.

Le module déontologie représente deux heures minimum sur les trois ans. Il couvre les obligations du Code de déontologie des professionnels de l'immobilier, les règles de loyauté dans la négociation, le devoir de conseil et les bonnes pratiques dans la gestion des mandats.

Le module non-discrimination représente deux heures minimum et a été ajouté par le décret n° 2020-1259 du 14 octobre 2020, effectif depuis le 1er janvier 2021. Il traite de l'accès au logement sans distinction fondée sur l'origine, la situation familiale, l'orientation sexuelle, le handicap ou toute autre discrimination prohibée par le Code pénal.

Le volume restant, soit 38 heures sur trois ans, couvre les domaines juridiques (droit de la copropriété, loi Elan, droit du bail), économiques (fiscalité immobilière, diagnostics techniques), commerciaux (techniques de prospection, négociation, mandat exclusif) et techniques (DPE 2026, RE 2020, copropriété en difficulté).

Le quatrième élément concerne les formations spécialisées. Un professionnel exerçant en gestion locative peut orienter une partie de ses heures vers les spécificités du bail d'habitation, tandis qu'un syndic privilégiera les contentieux de copropriété. Cette souplesse reste encadrée par l'exigence que les modules suivis soient en lien direct avec l'exercice professionnel.

5. Quels organismes peuvent délivrer la formation Loi Alur

Seuls les organismes déclarés auprès de la préfecture et enregistrés sur le site Data Dock ou certifiés Qualiopi peuvent délivrer une attestation acceptée par la CCI. Cette exigence a été renforcée avec la réforme de la formation professionnelle de 2018, et depuis le 1er janvier 2022, la certification Qualiopi est le standard exigé pour que les formations puissent être financées par les fonds publics et paritaires.

La Qualiopi est un label d'État attribué après un audit indépendant qui vérifie le respect de sept critères couvrant l'information du public, l'adaptation des formations, la qualification des formateurs et le suivi des stagiaires. Pour un acheteur de formation, la mention Qualiopi est donc un filtre obligatoire.

Les organismes présents sur le marché français de la formation Loi Alur se répartissent entre trois familles. La première regroupe les grandes écoles et institutions historiques comme l'École supérieure de l'immobilier, l'IMSI ou Lefebvre Dalloz Compétences. Elles proposent des formations présentielles ou hybrides avec des tarifs souvent supérieurs à 500 €.

La deuxième famille réunit les organismes spécialisés 100% en ligne, qui ont vu le jour après la crise sanitaire de 2020 et ont capté la majorité du marché. Cette catégorie rassemble une quinzaine d'acteurs dont les positionnements varient entre offres autonomes sans accompagnement et formules premium avec tutorat individuel. Les tarifs d'entrée démarrent autour de 189 € pour le pack 42 heures standard et peuvent atteindre 890 € pour les formules incluant coaching, mise en situation pratique et support personnalisé.

La troisième famille rassemble les formateurs indépendants ou micro-organismes, plus chers en individuel mais parfois plus souples. Ils correspondent à des besoins spécifiques comme la préparation d'une VAE ou un accompagnement personnalisé.

6. Quel est le prix d'une formation Loi Alur 42h en 2026

Le tarif du pack 42 heures 100% en ligne certifié Qualiopi se situe entre 189 € et 890 € en 2026, selon les services inclus et le positionnement de l'organisme. Les formations à moins de 189 € existent mais doivent faire l'objet d'une vérification attentive, certaines ne délivrant pas une attestation conforme aux exigences de la CCI.

Le marché 2026 se segmente en trois tranches tarifaires cohérentes. La tranche d'entrée à 99-189 € correspond aux offres 100% autonomes avec accès plateforme limité dans le temps et sans accompagnement pédagogique individualisé. Ces tarifs attractifs couvrent les coûts minimaux d'un organisme certifié Qualiopi sur un format standardisé. La tranche médiane à 250-490 € inclut généralement un tutorat asynchrone par chat, une attestation délivrée sous 48 heures et un accès plateforme prolongé à trois mois renouvelables. C'est la tranche de marché la plus active en 2026. La tranche premium à 600-1 200 € ajoute du présentiel, des études de cas dirigées par un formateur en direct, parfois une spécialisation métier approfondie sur le syndic, la gestion locative ou la transaction complexe.

Les écarts de prix reflètent plusieurs critères objectifs. L'accompagnement pédagogique varie d'un simple accès à la plateforme à un tutorat individuel. La qualité des supports peut aller de PDF téléchargeables à des vidéos produites en studio avec quiz interactifs. La délivrance de l'attestation est parfois immédiate, parfois différée de quelques jours. La durée d'accès à la plateforme est souvent limitée à trois mois renouvelables.

Le prix ne doit pas être le seul critère. Une formation à 99 € qui ne mène pas à une attestation reconnue par la CCI fait perdre autant d'argent qu'une formation à 500 € qui livre son attestation le jour même. La certification Qualiopi et la reconnaissance officielle par la CCI sont les deux filtres à appliquer avant de comparer les prix.

7. Qui finance la formation Loi Alur

La formation Loi Alur peut être financée par plusieurs canaux selon le statut professionnel, et cette dimension est souvent sous-exploitée par les indépendants qui avancent la totalité de leurs frais. Les trois principaux dispositifs à connaître sont l'Agefice, l'OPCO EP et le financement personnel avec déductibilité fiscale.

L'Agefice, Association de gestion du financement de la formation des chefs d'entreprise, s'adresse aux gérants non salariés d'EURL, SARL et auto-entrepreneurs cotisant à la CIPAV ou au régime social des indépendants. Chaque année, un crédit formation est disponible et peut financer tout ou partie de la formation Loi Alur. Les démarches passent par le site agefice.fr avec création d'un compte personnel et dépôt du devis de l'organisme certifié Qualiopi.

L'OPCO EP, Opérateur de compétences des entreprises de proximité, finance les formations des salariés des agences immobilières adhérentes. Un salarié négociateur ou un administrateur de biens peut demander à son employeur de mobiliser le budget formation de l'entreprise, qui est ensuite remboursé par l'OPCO EP sur présentation des justificatifs. Cette voie est la plus simple pour un salarié mais elle suppose une démarche active du chef d'entreprise.

Le financement personnel reste l'option choisie par défaut par une majorité d'indépendants. L'avantage est que les frais de formation professionnelle sont déductibles du bénéfice imposable pour les BNC et les BIC. Une formation à 490 € se transforme donc en dépense nette de 294 € environ pour un professionnel à la tranche marginale de 40 %. Il faut simplement conserver la facture de l'organisme et l'attestation de formation pour la déclaration annuelle.

À noter qu'à ce jour, la formation Loi Alur n'est pas éligible au Compte personnel de formation (CPF). C'est une source de confusion fréquente car de nombreux professionnels pensent pouvoir utiliser leur solde CPF pour cette obligation. La raison est que les formations éligibles CPF doivent mener à une certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles, ce que la formation Loi Alur n'est pas.

8. Comment choisir son organisme de formation Loi Alur

Le choix d'un organisme de formation ne se fait pas au prix. Plusieurs critères objectifs permettent de filtrer les propositions et d'éviter les mauvaises surprises au moment du dossier de renouvellement auprès de la CCI.

La certification Qualiopi est le premier filtre. Vérifier la présence du numéro de certification sur le site de l'organisme, et au besoin le faire confirmer sur le moteur de recherche officiel data-dock.com ou qualiopi.gouv.fr. Sans Qualiopi, aucun financement public ou paritaire ne peut être mobilisé.

La reconnaissance par la CCI vient en complément. Certaines CCI éditent des listes d'organismes dont les attestations sont acceptées sans vérification supplémentaire. Consulter la CCI du département où la carte T est demandée permet de lever toute ambiguïté.

Le format pédagogique doit correspondre au mode d'apprentissage du professionnel. Un mandataire en activité préférera du 100% e-learning avec accès 24h/24 pour concilier avec son emploi du temps. Un agent en reconversion pourra opter pour des sessions hybrides incluant des classes virtuelles en direct qui structurent l'apprentissage.

La durée d'accès à la plateforme est un critère pratique souvent négligé. Certains organismes limitent l'accès à 30 jours après l'achat, ce qui impose de caser les 42 heures sur cette période. D'autres offrent trois mois renouvelables, ce qui permet d'étaler sans stress.

L'attestation finale doit contenir des mentions précises pour être acceptée par la CCI. Nom et prénom du stagiaire, nombre d'heures suivies par module, date de début et fin de la formation, nom et numéro Qualiopi de l'organisme. Un organisme sérieux présente un modèle d'attestation sur son site.

9. Formation Loi Alur en ligne ou en présentiel

Le choix entre 100% en ligne et présentiel dépend de la disponibilité, du budget et du style d'apprentissage. Chaque format a ses atouts et ses limites, et aucun n'est meilleur que l'autre en absolu.

Le format 100% e-learning représente environ 80 % du marché en 2026. Ses avantages sont la flexibilité totale (accès 24 heures sur 24, rythme personnel), le prix souvent inférieur de 30 à 50 % par rapport au présentiel, et la possibilité de suivre depuis n'importe quel lieu. Les limites sont l'isolement pédagogique (pas d'échange direct avec un formateur), un risque de procrastination si l'auto-discipline n'est pas au rendez-vous, et l'absence de mise en situation pratique réelle.

Pour aller plus loin, vous pouvez tester l'estimateur Elevimmo basé sur les données notariales pour voir concrètement comment une estimation DVF + IA fonctionne sur un bien de votre zone.

Le format présentiel reste privilégié par les professionnels qui valorisent le réseau et l'échange. Les sessions sont organisées en salle de classe sur deux à trois jours consécutifs, avec un formateur présent. L'avantage est la qualité des échanges, la possibilité de poser des questions en direct et la dynamique de groupe qui accélère l'apprentissage. Les limites sont le coût (généralement 600 à 1 200 € pour 14 heures), les frais de déplacement pour les agents en région, et la contrainte d'agenda sur des journées complètes.

Le format hybride ou blended learning combine l'e-learning asynchrone pour les modules théoriques et des classes virtuelles synchrones pour les études de cas. Il se démocratise depuis 2023 et offre un bon compromis entre flexibilité et interaction.

10. Que se passe-t-il sans formation Loi Alur

L'absence de formation Loi Alur dans les trois années précédant le renouvellement de la carte professionnelle entraîne trois conséquences graduées qu'il faut anticiper.

La première conséquence est immédiate. La CCI refuse le dossier de renouvellement et notifie par courrier la nécessité de régulariser la situation. La carte professionnelle arrive alors à expiration et tout acte commercial engagé sans carte valide constitue une infraction au sens de la loi Hoguet, passible d'une amende de 7 500 € et jusqu'à un an d'emprisonnement dans les cas les plus graves.

La deuxième conséquence est la suspension temporaire d'activité. Tant que l'attestation de formation n'est pas fournie, l'agent ne peut pas signer de nouveau mandat ni percevoir d'honoraires. Pour un mandataire indépendant en activité, cette suspension peut représenter plusieurs mois de chiffre d'affaires perdu, car le temps de compléter les 42 heures et d'obtenir l'attestation prend minimum quelques semaines.

La troisième conséquence concerne les mandats en cours au moment de la suspension. Si une vente est en négociation et que la carte expire sans renouvellement, l'agent ne peut pas percevoir sa commission même si la transaction aboutit. Les clauses contractuelles doivent être relues attentivement avec un avocat en cas de litige.

Anticiper le renouvellement est donc essentiel. Les professionnels sérieux planifient leur formation dès la deuxième année du cycle triennal, ce qui laisse le temps de finaliser en cas d'imprévu. Attendre le dernier trimestre avant expiration augmente le risque de retard administratif.

11. Le cas particulier du renouvellement de la carte T

Le renouvellement de la carte T, la plus fréquente puisqu'elle concerne les activités de transaction immobilière, suit une procédure précise encadrée par la CCI compétente géographiquement.

La demande de renouvellement doit être déposée au plus tôt deux mois avant l'expiration de la carte. Le dossier inclut le formulaire CERFA, la copie de l'attestation de formation Loi Alur de 42 heures minimum, la justification de la responsabilité civile professionnelle, la garantie financière si l'agent manie des fonds, et un extrait Kbis pour les personnes morales. Les frais de renouvellement sont de 130 € selon le tarif officiel CCI Webstore en 2026.

Si le dossier est complet, la CCI délivre la nouvelle carte sous un mois. Si des pièces manquent, l'agent est relancé et dispose d'un délai pour compléter. Cette souplesse administrative ne doit pas faire illusion, l'attestation de formation Loi Alur conforme reste non négociable.

Le professionnel qui change de CCI géographiquement (déménagement d'agence) doit déposer son dossier dans la nouvelle circonscription et demander le transfert. La formation Loi Alur suit l'agent, l'attestation n'est pas rattachée à une CCI en particulier.

12. Évolutions 2026 et nouveaux décrets à surveiller

L'année 2026 marque plusieurs évolutions réglementaires qui impactent directement les obligations de formation. La veille juridique fait partie du travail de l'agent sérieux, et plusieurs chantiers législatifs sont à surveiller dans les prochains mois.

Le décret sur la formation initiale des collaborateurs d'agents immobiliers est attendu suite à la décision du Conseil d'État n° 492640 du 25 février 2025. Saisie par la FNAIM, la haute juridiction a enjoint au Premier ministre de publier sous six mois le décret prévu par la loi Alur du 24 mars 2014 et resté inappliqué depuis dix ans. Selon le communiqué officiel de la FNAIM, la fédération plaide pour un cursus de 42 heures (28 heures en présentiel et 14 heures en distanciel) ou une expérience professionnelle de 18 mois minimum dans un poste similaire comme voie alternative. À la date de rédaction de ce guide, la publication exacte du décret au Journal officiel n'est pas encore intervenue et les modalités définitives restent à confirmer. Cette réforme concerne les nouveaux collaborateurs habilités après l'entrée en vigueur du texte. Les collaborateurs déjà en poste bénéficient d'une clause grand-père et sont considérés comme remplissant les conditions requises, conformément à l'article 4 de la loi du 2 janvier 1970. Cette réforme ne modifie pas l'obligation de formation continue de 42 heures sur trois ans qui reste en vigueur pour tous les titulaires de carte professionnelle.

Le DPE 2026 reste un sujet brûlant. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location pour les nouveaux baux. À partir de 2028, ce seront les F, et en 2034, les E. Un agent immobilier doit connaître ces dates pour conseiller correctement un vendeur ou un acquéreur. Les modules DPE dans les formations Loi Alur sont donc essentiels en 2026.

La loi Climat et résilience introduit également des obligations de transparence sur la consommation énergétique dans les annonces immobilières, avec des sanctions pour les annonces qui masqueraient un DPE défavorable. Les formations récentes intègrent ces modules dès la première heure.

Les termes précis du décret sur la formation initiale des collaborateurs restent à confirmer lors de sa publication au Journal officiel. Cette section a été mise à jour le 4 mai 2026 sur la base de la décision du Conseil d'État n° 492640 du 25 février 2025 et du communiqué officiel de la FNAIM. Pour les informations les plus récentes, consulter le site Legifrance, le site du Conseil d'État ou les communications de la FNAIM.

13. Trois principes pour une formation à forte valeur ajoutée

Au-delà du respect strict de l'obligation réglementaire, une formation Loi Alur bien conçue repose sur trois principes qui distinguent les parcours utiles des simples cases à cocher.

Le premier principe est l'ancrage terrain des contenus. Les modules les plus efficaces sont ceux conçus avec des professionnels qui exercent ou ont exercé en agence, en réseau de mandataires ou en promotion immobilière. L'expérience réelle du marché remplace les cas d'école génériques par des situations que l'agent rencontrera dans sa semaine de travail : objection sur une offre basse, réclamation d'un propriétaire sur la gestion d'un mandat, négociation d'un délai avec un acquéreur. Cette pédagogie ancrée fait la différence entre des heures subies et des heures qui transforment la pratique.

Le deuxième principe est l'intégration des outils numériques 2026 dans le parcours. Une formation qui ignore l'IA ou l'estimation sourcée DVF forme un professionnel qui sera en retard dans six mois. Les modules progressistes incluent désormais l'usage raisonné de ChatGPT pour la rédaction d'annonces, les outils d'estimation basés sur les données de valeurs foncières publiques, et les scripts de prospection numérique adaptés aux nouvelles règles RGPD. L'estimateur Elevimmo basé sur DVF et IA permet de tester concrètement cette approche.

Le troisième principe est l'accompagnement post-formation. Le secteur immobilier connaît en 2026 plusieurs évolutions réglementaires majeures (décret formation initiale attendu, loi Climat, évolutions DPE). Une formation qui s'arrête à la délivrance de l'attestation laisse l'agent démuni face aux décrets publiés après la session. Les organismes sérieux proposent désormais une newsletter mensuelle, un accès à une communauté de professionnels, ou un webinaire trimestriel de mise à jour.

Ces trois principes ne modifient pas le cadre réglementaire de la formation Loi Alur. Ils distinguent cependant les parcours qui génèrent un retour sur investissement mesurable en qualité de service et en transactions conclues, des parcours qui se limitent à une validation administrative sans impact sur la pratique quotidienne.

Conclusion

La formation Loi Alur est un passage obligé pour tout professionnel de l'immobilier titulaire d'une carte T, G ou S. Au-delà de l'obligation administrative, elle représente une opportunité de se professionnaliser, de mettre à jour ses connaissances juridiques et commerciales, et de maintenir son avantage concurrentiel face à des clients toujours plus informés.

Le choix de l'organisme ne se fait pas au prix mais à la qualité de la certification Qualiopi, à la reconnaissance CCI, et au format pédagogique adapté à son mode de vie professionnel. Un professionnel qui consacre 42 heures bien utilisées à sa formation en tire systématiquement un retour sur investissement mesurable en qualité de service et en nombre de transactions conclues.

Sources officielles consultées

Questions frequentes

La formation Loi Alur est-elle vraiment obligatoire ?
Oui, elle l'est depuis le 1er avril 2016 pour tous les professionnels titulaires d'une carte T, G ou S. Sans les 42 heures accumulées sur trois ans, la CCI refuse le renouvellement de la carte et l'activité commerciale devient impossible légalement.
Combien d'heures faut-il suivre chaque année ?
La règle légale est 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans consécutifs. Le professionnel a le choix entre un rythme régulier ou une concentration sur une ou deux années.
La formation Loi Alur est-elle éligible au CPF ?
Non. La formation Loi Alur n'est pas inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles, condition nécessaire pour être éligible au CPF. Les options de financement sont l'Agefice pour les indépendants et l'OPCO EP pour les salariés.
Quel est le prix moyen d'une formation 42 heures en 2026 ?
Entre 189 et 350 € pour une formation 100% en ligne certifiée Qualiopi. Les formations premium en présentiel ou hybrides dépassent fréquemment 600 €.
Un mandataire indépendant doit-il suivre la formation comme un agent salarié ?
Oui, l'obligation s'applique individuellement à chaque professionnel titulaire d'une carte, quelle que soit la forme juridique de son exercice. Un mandataire SAFTI ou iad doit présenter son attestation personnelle lors du renouvellement collectif de la carte de son réseau.
Peut-on rattraper des heures manquées des années précédentes ?
Oui, dans la limite des trois années du cycle triennal. Si un agent n'a suivi que 20 heures sur ses deux premières années, il peut rattraper 22 heures sur la troisième année pour atteindre les 42 heures requises avant le renouvellement.
Que faire si l'organisme de formation fait faillite entre temps ?
La conservation de toutes les pièces contractuelles reste indispensable : facture acquittée, attestation détaillée, programme pédagogique du module suivi, numéro de certification Qualiopi de l'organisme au moment de la formation. Si l'organisme fait faillite après délivrance de l'attestation, celle-ci reste en principe valable. En revanche, si la faillite intervient avant la délivrance de l'attestation ou si l'organisme n'avait pas de certification Qualiopi valide, la CCI dispose d'un pouvoir d'appréciation souverain et peut refuser les heures. Le réflexe est de contacter directement sa CCI dès connaissance de la difficulté.